CAIL
Maison Cail, Derosne et Cail, J.F. Cail et Cie puis Cail et Cie (1812-1881)
L'origine de la maison Cail est liée au chimiste Charles Derosne qui ouvre en 1812 un atelier pour fabriquer des appareils à distillation continue. Ces appareils d'évaporation des jus sont rapidement employés par les raffineurs de sucre dans le nord de la France et à l'étranger. Se joint à Charles Derosne, d'abord comme apprenti puis comme associé, Jean-François Cail (1804-1871). L'entreprise prend de l'ampleur et diversifie ses activités en s'engageant dans la construction de machines à vapeur (dont les locomotives Crampton) et la fabrication de ponts métalliques. Pour faire face aux nombreuses commandes, elle installe notamment des ateliers à Denain, Douai, Lille et Valenciennes. En 1846, à la mort de Charles Derosne, Jean-François Cail lui succède.
Société des établissements Cail (1881-1898) puis Société française de construction mécanique (1898-1958)
La guerre de 1870, la concurrence de l'industrie allemande et le décès de Jean-François Cail sont autant d'éléments qui viennent perturber l'activité de l'entreprise. Se constitue alors une nouvelle société anonyme : la Société des anciens établissements Cail. Elle fabrique, au cours de cette période, des appareils frigorifiques et des torpilleurs, tout en maintenant l'activité liée au matériel ferroviaire, aux sucreries et à l'outillage lourd. Dans les années 1900, l'entreprise, à nouveau en difficulté, est redressée par Louis Le Chatelier. Dans l'entre-deux-guerres, une nouvelle organisation du travail est mise au point (approvisionnement, formation des ouvriers, contrôle des résultats). L'entreprise continue la diversification en fabriquant des laminoirs et du matériel sidérurgique, mais n'échappe toutefois pas au mouvement de concentration. La Société française de construction mécanique (SFCM) fusionne avec l'entreprise Fives en 1958.
FIVES
Parent, Schaken, Caillet et Cie, puis Compagnie de Fives-Lille (1861-1958)
La Compagnie de Fives-Lille naît le 6 octobre 1861, sous la raison sociale Parent, Schaken, Caillet et Cie. Spécialisée à l'origine dans la construction de voies de chemin de fer et de locomotives, elle installe des ateliers de construction mécanique à Fives (Nord) et à Givors (Rhône). La société prend le nom de Compagnie de Fives-Lille pour constructions mécaniques et entreprises en 1865. Les deux sociétés, Fives et Cail, s'associent très tôt et réalisent de nombreux ouvrages en commun : locomotives, ponts, charpentes métalliques. La participation cesse en 1870 et la Compagnie de Fives-Lille étend son activité à la fabrication de matériel pour sucreries (secteur qui avait initialement été réservé à Caille) et distilleries, puis à la production d'armements lors de la guerre de 1870. La société étend rapidement son rayonnement à l'étranger en menant une politique active d'exportation. Elle obtient notamment des concessions pour la construction et l'exploitation de voies de chemin de fer en Argentine et au Brésil. En France, la Compagnie de Fives-Lille participe à la construction d'ouvrages d'art et s'illustre notamment lors des expositions universelles de 1889 et 1900 en réalisant la Galerie des Machines et le pont Alexandre III.
L'entreprise compte 3 000 ouvriers à la veille de la Première Guerre mondiale, qui interrompt sa croissance : les usines de Fives et de Givors sont réquisitionnées et 40% des employés sont mobilisés. L'usine de Fives subit des bombardements et les ateliers de Givors sont alors dédiés à la fabrication de matériel d'armement. La reconstruction de l'usine de Fives inaugure une période de modernisation pour la société qui retrouve sa capacité de production dans trois secteurs privilégiés que sont les sucreries, le matériel de chemin de fer et les travaux publics. En 1933, la Compagnie de Fives-Lille déploie son activité dans le domaine de la cimenterie en absorbant les Établissements Dalbouze et Brachet. Tout en consolidant sa présence dans les secteurs traditionnels, l'entreprise n'aura de cesse d'accroître ses champs de compétences en participant à la construction d'installations hydro-électriques, de raffineries de pétrole et en développant la fabrication de chaudières.
Fusion Fives-Cail
Fives-Lille-Cail (1958-1983), puis Fives-Cail Babcock (1973-1983)
Un projet de fusion entre les entreprises Fives-Lille et Cail avait été ébauché dès le début du XXe siècle, les deux firmes ayant suivi un développement parallèle et collaboré à plusieurs reprises. Cette fusion intervient finalement en 1958 et promeut la nouvelle société Fives-Lille Cail au rang de société internationale, le groupe devenant l'un des leaders mondiaux pour la construction de cimenteries. Par la suite, Fives-Lille Cail crée la société Fives-Penhoët en 1959 et absorbe plusieurs sociétés dont Applevage en 1963 et Bréguet-Sautter-Harlé en 1966. En 1973, Fives-Lille Cail fusionne avec Babcock Atlantique pour donner naissance à la société Fives-Cail Babcock (FCB). FCB absorbe plusieurs sociétés et consolide certaines de ses activités, notamment dans les minerais ou les compresseurs.
En 1980, le groupe reprend son appellation historique de Compagnie de Fives-Lille mais reste connu sous le nom de FCB, principale filiale de la société. Dans les années 2000, Fives Group se réoriente dans des procédés innovants (machines de haute précision, process technologies, automatisation etc.).
