Le Syndicat des fabricants de toiles d'Armentières est créé à la suite des grèves des tisseurs de 1903, afin "d'établir un lien entre tous les adhérents pour rechercher et appliquer toutes les mesures propres à sauvegarder les intérêts du tissage et à en améliorer la situation", c'est-à-dire défendre les intérêts patronaux, représenter le tissage auprès des organisations syndicales ouvrières et étudier les barèmes de salaires.
Peu à peu, les préoccupations sociales prennent de l'importance. Aux problèmes liés aux salaires s'ajoutent alors ceux des allocations familiales, du logement, de la mutuelle, de l'apprentissage, de la médecine du travail et des retraites ouvrières.
Désormais, les patrons du tissage ne peuvent prendre seuls des décisions qui impliquent tout le secteur textile. Ces problèmes sont à traiter à un stade supérieur. C'est dans cet optique qu'est créée l'Union des syndicats patronaux des industries textiles de France et un peu plus tard, en 1943, le Syndicat patronal textile d'Armentières.
Le Syndicat des fabricants de toiles d'Armentières ne s'occupe alors plus que des questions économiques et commerciales. Mais il ne peut pas non plus prendre seul des décisions pour fixer une politique de vente, protester efficacement contre une loi ou encore obtenir la modification de la législation en cours. Bientôt ces questions économiques doivent aussi être traitées à l'échelon national. Comme le dit son président lors de l'assemblée générale du 5 novembre 1957, l'activité locale du Syndicat des fabricants de toiles est "dès lors bien minime" : il ne s'occupe plus que de la défense du label "Toiles d'Armentières".
Les derniers documents retrouvés, datent de 1976, ce qui amène à supposer que le Syndicat des fabricants de toiles s'est dissout à cette époque.
C'est au cours de la Seconde Guerre mondiale que s'est constituée à Armentières la première organisation patronale réunissant sur le plan local toutes les entreprises du secteur textile volontaires pour agir ensemble. Auparavant, la loi de 1884 avait permis dans le Nord l'éclosion de nombreux syndicats textiles dont les objectifs étaient économiques, fiscaux et commerciaux, mais qui voulaient aussi répondre aux revendications salariales. Dans le textile, la matière première (laine, coton, jute, lin, etc.) joue un rôle essentiel dans la constitution de ces syndicats qui regroupent les patrons par branche de production. Ces syndicats se spécialisent petit à petit dans les questions économiques; les questions sociales sont traitées de préférence par des syndicats inter-branches.
Selon ses statuts de 1943, le Syndicat patronal textile d'Armentières est ouvert à toutes "les firmes s'occupant de la fabrication de la transformation ou de la vente des produits textiles ou qui exercent une industrie ou un commerce similaires ou connexes" à Armentières ou dans ses environs. Il se donne pour but "l'étude et la réalisation de toutes mesures de caractère social ou professionnel". Les adhérents s'engagent à "appliquer les décisions régulièrement prises par le comité directeur ou l'assemblée générale et à soumettre au comité préalablement à toute action de leur part, les questions d'ordre général et professionnel susceptibles d'intéresser l'ensemble de la profession". Les missions du Syndicat sont donc essentiellement d'ordre social pour l'ensemble du secteur textile local.
Aujourd'hui, suite à la récession du secteur textile, le Syndicat patronal a surtout un rôle de consultant et d'arbitre entre les entreprises, les syndicats ouvriers et les instances de l'État.
Le Comité d'entente des syndicats patronaux est créé en 1946. Ce comité a pour objet "d'étudier inter-professionnellement toutes les questions d'ordre économique et social, et de prendre le cas échéant position officielle à leur sujet. Sur le plan local, d'établir et de maintenir les meilleurs rapports entre les diverses professions de la région d'Armentières".
Il est actuellement remplacé par l'Union patronale interprofessionnelle Flandre et Lys.
