Deffrennes-Duplouy
En 1844, l'entreprise Deffrennes-Duplouy est répertoriée à Lannoy, dans le Nord, comme tissage de divers tissus de laine et coton. Elle n'emploie alors que 13 personnes et fait travailler 7 métiers. En 1875, les trois fils de Jean-Baptiste Deffrennes-Duplouy transforment la société en société en nom collectif "Deffrennes-Duplouy Frères". La société fabrique alors des couvre-lits et des couvertures de coton dans deux ateliers, à Lys et à Lannoy.
La modernisation des machines permet de produire de nouveaux articles : tissus pour ameublement, tentures, coutils et satins pour literie, puis tapis de table, panneaux d'imitation Gobelins, tentes et stores. La croissance de l'entreprise est fortement ralentie par la Première Guerre mondiale au cours de laquelle le matériel est presque totalement détruit.
La société se transforme en SARL en 1930. Son développement est sévèrement freiné par la Seconde Guerre mondiale. Après guerre, elle ne poursuit pas sa modernisation et connaît une certaine léthargie. En 1972, elle abandonne le coutil matelas et recentre son activité sur le tissu d'ameublement.
En 1976, la société doit déposer le bilan. Elle est reprise par Urgé, le numéro un français du tissu d'ameublement. L'entreprise se transforme en société anonyme. Elle développe sa production essentiellement dans le créneau du revêtement mural.
Boutemy [Historique repris de l'Inventaire général du patrimoine culturel]
Remontant à 1825, Boutemy pratique alors la filature et le tissage à façon, notamment à Willems. En 1847 est construite une filature mécanique de lin à Lys-lez-Lannoy. Construction des filatures et des tissages de Linselles (59), Willems (59) et Wervicq Sud (59) vers 1870. Des pillages ont lieu lors de la Première Guerre mondiale. L'usine de Wervicq est alors détruite ; elle ne sera pas reconstruite. Celles de Lys-lez-Lannoy et de Willems, bien que pillées et détériorées, reprennent leur activité en 1919. Une corderie est construite à Lys-lez-Lannoy vers 1920. Quand la crise survient en 1934, les syndicats liniers conduisent à la fermeture du groupe et à la destruction des 40 000 broches des Ets. Boutemy, malgré un chiffre d'affaires toujours croissant.
En 1845, la filature de Willems possède neuf machines à filer le lin et occupe 50 ouvriers. En 1878, l'ensemble des unités comporte 40 000 broches, soit le dixième du nombre total des broches du département du Nord (les 90 % restants étant répartis entre plus de 90 filateurs). En 1914, la production est de 27 000 tonnes de fil de lin pour le tissage, 1000 pour la filature, 700 pour la corderie, pour un équipement global de 46 cardes, 22 peigneuses et 42 000 broches ; la force motrice est alors de 3500 CV développés par six machines à vapeur Dujardin (deux de 1200 CV, deux de 500 CV, une de 80 CV et une de 50 CV). La surface de chauffe est alors de 2500 mètres carrés pour 19 chaudières. Le redémarrage de l'activité s'effectue en 1919 avec seulement 250 broches. 2000 ouvriers sont employés en 1914 ; ils étaient 1100 lors de la fermeture.
