Notice descriptive
Association des journalistes sportifs (AJS).
- Association des journalistes sportifs (AJS).
Auteurs : Isabelle Biharé, archiviste de l'Académie nationale olympique française (ANOF). |
Année de publication : 2010 |
Cotes extrêmes : 2011 10 1 à 95 |
Dates extrêmes : 1896-2006 |
Description matérielle : 95 unités description (32 cartons, 95 unités de documentaires). |
Importance matérielle : 4,50 ml |
Conditions de communicabilité : Fonds communicable et reproductible suivant les délais prévus par le code du patrimoine par analogie avec les archives publiques. |
Conditions de réutilisation : La réutilisation des documents extraits du fonds est gratuite et libre, sous réserve des dispositions relatives aux droits de la propriété intellectuelle et au respect de la vie privée (voir les modalités d’application sur le site internet des ANMT). |
Présentation du contenu
Le fonds documente la création et le fonctionnement de l’Association des journalistes sportifs : statuts, comptes rendus d’assemblées générales et du comité directeur, correspondance, documents comptables, registres d’adhérents et de donateurs, dossiers du personnels, assurances, dossiers d’organisation de manifestations, bibliothèque et documentation audiovisuelle.
Historique de la conservation
Installée pendant plusieurs années à la Maison du sport français, l’AJS y a laissé ses archives après son déménagement. Afin de faire le tri des documents et gérer l’espace de stockage des archives du CNOSF, Michael Lepage (archiviste de l’ANOF 2007-2008) a réalisé en 2008 un premier classement des documents.
Les cotes 10-11, 30-31 et 34-35 étaient manquantes à la prise en charge du fonds.
Modalités d'entrées
Dans le cadre du programme MéMoS, les archives de l’Association des journalistes sportifs ont fait l’objet d’un don à l’Etat, le 14 février 2011. Elles sont conservées depuis cette date aux Archives nationales du monde du travail (ANMT) à Roubaix (Nord).
Statut juridique
Archives privéesPrésentation du producteur
Historique
L’Association des journalistes sportifs (AJS) a été fondée le 28 février 1905 par un regroupement de journalistes sportifs soucieux de défendre leur intérêt et leur spécificité. Le premier comité directeur est composé de huit membres : Victor Breyer, Paul Champ, Lucien Faure, Camille Guyard, Georges Le Roy, Pierre Sauvestre, Marcel Violette et Jean Lafitte.
L’AJS se constitue en groupement mutualiste, approuvé par l’arrêté ministériel du 11 décembre 1905, pour porter secours aux journalistes sportifs en difficulté et permettre aux plus anciens de bénéficier d’une retraite. Le financement est assuré par les cotisations des adhérents, et par les dons, notamment ceux des patrons de presse et des industriels du cyclo et de l’automobile naissante.
C’est, sans aucun doute, Victor Breyer qui est l’instigateur et le fédérateur de l’AJS, il n’en sera pourtant pas le premier président officiel mais le vice-président. Les fondateurs vont rechercher la notoriété et le soutien des pouvoirs publics, à travers un président de prestige : Pierre Baudin, ancien ministre des Travaux publics (1899-1902) et futur ministre de la Marine (1913-1915).
Entre ses deux fonctions ministérielles, Pierre Baudin, journaliste, comme beaucoup de politiques de son époque, était chroniqueur au Figaro et déjà président de l’Association des journalistes parisiens, instance la plus importante de la profession jusqu’en 1915, qui comptait, parmi ses 459 membres, un certain Pierre de Coubertin. Pierre Baudin, avant de retourner à des responsabilités ministérielles, assurera pendant six ans la présidence «politique» de l’AJS, dont l’action naissante est consolidée par le travail « professionnel » et constructif de Victor Breyer et de Daniel Gousseau qui succède à Jean Lafitte au secrétariat général.
Tristan Bernard, de son vrai nom Paul Bernard, succède à Pierre Baudin à la présidence de l’AJS. Il est un authentique journaliste sportif, rédacteur attitré de L’Auto, et un auteur à la mode lorsqu’il devient de 1911 à 1920 président de l’AJS.
Durant ses premières années d’existence, l’AJS a un double rôle de syndicat et de société de secours mutuels et de retraite. Mais, à la suite d’un accord avec le syndicat de la presse sportive en 1920, elle a laissé à ce dernier groupement toutes les questions de défense des intérêts professionnels pour se consacrer exclusivement à son rôle d’œuvre de bienfaisance, de secours mutuels et de retraite.
Après cette nouvelle orientation, l’AJS sera dirigée pendant quarante ans par des journalistes professionnels qualifiés qui font autorité dans le monde sportif et le monde industriel : Charles Faroux (1920-1957) et Géo Lefèvre (1957-1960). Le premier était un spécialiste averti, reconnu comme expert de l’automobile, le second connaissait tous les sports et a contribué à l’essor de plusieurs d’entre eux : le rugby, le cyclisme, la boxe et l’aviation, dont il fut pratiquement le premier chroniqueur. Ils ne se sont pas seulement succédés, ils se sont d’abord complétés - lorsque Géo Lefèvre a repris le flambeau à la mort de Charles Faroux, il assumait depuis longtemps l’animation de l’association, comme secrétaire général.
Cette période correspond à l’âge d’or de l’AJS, avec à sa tête un président de prestige, un secrétaire général efficace en relations humaines et en relations commerciales. L’AJS organisait alors Les nuits du sport qui mobilisaient champions et dirigeants de l’ensemble du mouvement sportif.
Sans retrouver son faste d’avant-guerre, essoufflée et dépassée par l’évolution et la vitalité du journalisme sportif des années 70, l’AJS n’en continue pas moins ses activités parallèles et mutualistes sous la présidence de personnages tels que Géo Lefèvre, Georges Bruni et Maurice Henry. Ce dernier ajoute à la rigueur de sa gestion, son prestige de Résistant qui renforce une honorabilité de l’AJS., que certaines méthodes ou écrits imprudents de Charles Faroux, sous l’Occupation, avaient, peut-être, un peu ébranlée.
De grands noms se succèderont sans discontinuer à la tête de la présidence de l’AJS : Jacques Forestier (Europe N1) qui avait déjà été précédemment, pendant deux ans, président de l’Union syndicale des journalistes sportifs français, puis Marcel Hansenne, ancien athlète de renom qui, par reconnaissance pour le bonheur que son métier lui avait procuré, estimait devoir se mettre, pour quelques années, en fin de carrière, au service de la presse sportive qui l’avait accueilli. Marcel Hansenne ne manqua pas, pendant son court mandat, d’alerter sur les difficultés qui guettaient l’avenir d’une association mutualiste, bloquée dans son renouvellement, en raison de l’évolution des lois sociales. Marcel Hansenne avait fait appel, pour prendre le relais et la tradition à un spécialiste influent de l’automobile : Edouard Seidler qui fût de son mieux comme son successeur André Dumas, lui aussi chroniqueur automobile.
L’Association des journalistes sportifs a été dissoute le 31 décembre 2008.
Chronologie des présidents de l'association
- Pierre BAUDIN (1905-1911)
- Tristan-BERNARD (1911-1920)
- Charles FAROUX (1920-1957)
- Géo LEFEVRE (1957-1960)
- Georges BRUNI (1960-1966)
- Maurice HENRY (1966-1984)
- Jacques FORESTIER (1984-1988)
- Marcel HANSENNE (1988-1990)
- Edouard SEIDLER (1990-1994)
- André DUMAS (1994-1996)
- Jacques MARCHAND (1996-2001)
- Jean-Marc MICHEL (2001-2008)
- Dissolution de l’Association (Décembre 2008)
Bibliographie
Marchand, Jacques, La presse sportive. Paris, collection Connaissance des Médias, Presse et information, 1989, 79 p.
Université sportive d'été et union syndicale des journalistes sportifs de France, Le Club sportif au quotidien : mythes, réalités. Bordeaux, Maison des sciences humaines d'Aquitaine, 1988, 207 p.
Union nationale des clubs universitaires et al., Le sport en pleine mutation. Pessac, Maison des sciences humaines d'Aquitaine, 1988, 195 p.
Université sportive d'été et union syndicale des journalistes sportifs de France, L'enfance du sport ou L'humanisme en jeu. Talence, Maison des sciences humaines d'Aquitaine, 1999, 192 p.
Université sportive d'été et al., L'Europe garante de l'éthique sportive ? . Talence, Maison des sciences humaines d'Aquitaine, 2002, 192 p.
Université sportive d'été et union syndicale des journalistes sportifs de France, Le crépuscule des Dieux, issue maîtrisée ou issue fatale ? . Pessac, Maison des sciences humaines d'Aquitaine, 2003, 210 p.
Université sportive d'été et al., Les femmes, un atout pour construire l'avenir du sport ? . Talence, Maison des sciences humaines d'Aquitaine, 2003, 198 p.
Université sportive d'été et union syndicale des journalistes sportifs de France, Le club sportif à l'épreuve de l'économie et des politiques locales. Pessac, Maison des sciences humaines d'Aquitaine, 2004, 274 p.
Université sportive d'été et al., Le journaliste et le sport. Pessac, Maison des sciences humaines d'Aquitaine, 2006, 204 p.
Université sportive d'été et al., Handicaps, sport, intégration, le défi des clubs sportifs. Pessac, Maison des sciences humaines d'Aquitaine, 2007, 208 p.
Annuaire de l'Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France, Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France : Paris, 1974, [s.n.]
Bulletin de liaison, Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France : Paris, 1962 – 2007, [s.n.]
Mots matières
presse, sport